-ade

-ade
Suffixe servant à former des substantifs fém., indiquant un ensemble (ex. colonnade), ou une action (ex. embrassade, bastonnade), ou un produit (ex. citronnade), parfois avec valeur péjorative.

I.
⇒-ADE1, suff.
Suff. formateur de subst. fém. exprimant l'idée d'action ou l'idée de coll. et appartenant souvent à la lang. fam., avec qqf. une valeur péj.
I.— Suffixe formateur de substantifs féminins exprimant l'idée d'action, de résultat d'une action [La base peut être un verbe, un subst. et except. un adj.] :
accolade « action d'embrasser qqn, en lui mettant les bras autour du cou »
appareillade « formation des couples de perdrix pour la reproduction »
arlequinade « bouffonnerie d'Arlequin; p. ext., action ridicule, inconséquence choquante »
aubade « concert donné à l'aube ou dans la matinée, sous les fenêtres de qqn »
balade fam., « action de se balader »
bourrade « fait de bourrer, de pousser qqn, de le bousculer, avec le poing, le coude, la crosse d'un fusil »
capucinade vieilli, « banal discours de morale, à la manière des sermons de capucin »
croupade équit., « saut dans lequel le cheval relève les jambes de derrière jusque sous le ventre »
débandade « le fait de se disperser rapidement et en tous sens »
dégoulinade « le fait de dégouliner »
dragonnade hist., « sous Louis XIV, persécution exercée par les dragons que l'on envoyait loger chez les protestants »
embrassade « action de deux (ou plusieurs) personnes qui s'embrassent amicalement »
engueulade pop., « action d'engueuler, de s'engueuler »
fanfaronnade « propos, actes de fanfaron »
ferrade région., « action de marquer le bétail au fer rouge »
galopade 1. manège, « sorte de galop d'école raccourci et ralenti, chevauchée faite au galop. » 2. cour., « course précipitée »
noyade 1. rare, « action de noyer un être vivant; résultat de cette action. » 2. cour., « le fait de se noyer; mort accidentelle par immersion dans l'eau »
œillade « regard, clin d'œil plus ou moins furtif, de connivence; spéc., clin d'œil constituant un appel, une invite amoureuse ou coquette »
roucoulade « bruit que fait un oiseau en roucoulant »
ruade « mouvement par lequel les équidés (chevaux, ânes, mulets) lancent vivement en arrière leurs membres postérieurs en soulevant leur train arrière »
tartarinade vieilli, surtout au plur., « vantardises, fanfaronnades »
turlupinade vx, « jeu de mots, plaisanterie de mauvais goût »
Autres ex. : attrapade, baignade, bousculade, boutade, bravade, brimade, cantonade, cavalcade, charade, dégringolade, dérobade, embuscade, empoignade, enfilade, escalade, estafilade, estocade, foirade, foucade, (altération de fougue), galéjade, gambade, gasconnade, glissade, griffade, incartade, jérémiade, lapalissade, mascarade, mazarinade, pantalonnade, parade, pariade, pasquinade, passade, pétarade, promenade, rasade, rebuffade, reculade, rigolade, rodomontade, ruade, saccade, sérénade, taillade, tirade, toquade, tornade...
Rem. La plupart des verbes en -ader sont formés sur des subst. en -ade (la dés. -er permet le passage dans la catégorie gramm. sans modifier le contenu sém.). Toutefois les attest. de gambade sont post. à celles de gambader; il s'agit d'un empr.
P. ext. Formateur de dér. désignant :
1. Le lieu de l'action :
aiguade « lieu où un navire s'approvisionne en eau douce »
baignade « endroit d'un cours d'eau, d'un lac où l'on peut se baigner » (cf. supra)
promenade « lieu aménagé dans une ville pour les promeneurs » (cf. supra)
2. Rare. Plus gén. un lieu :
bourgade « petit bourg dont les maisons sont disséminées sur un assez grand espace »
esplanade « terrain uni et découvert, aplani par la main de l'homme; terrain aménagé devant un édifice, une maison..., sur une hauteur »
rocade « milit., ligne parallèle au front de combat permettant d'établir des liaisons entre les secteurs; p. anal., voie de communication (parallèle à une autre) utilisée comme dérivation »
II.— Suffixe formateur de substantifs féminins exprimant l'idée du collectif.
A.— Avec idée d'action [La base est un verbe ou un subst. désignant une arme] :
arquebusade « coups d'arquebuse »
bastonnade « volée de coups de bâton »
canonnade « tir soutenu d'un ou plusieurs canons »
fusillade 1. « décharge de coups de fusils, et p. ext., combat à coups de fusils. » 2. « action de fusiller pour exécuter »
mitraillade 1. « tir, décharge de mitrailleuse. » 2. « rare, mitraillage »
mousquetade « vieilli, décharge de mousquets, et p. ext., de fusils »
B.— Sans idée d'action :
arcade « archit., ouverture en arc, ensemble formé d'un arc et de ses montants ou points d'appui (souvent au plur.) »
balustrade 1. « rangée de balustres portant une tablette d'appui. » 2. « p. ext., toute clôture à hauteur d'appui et à jour »
barricade « obstacle fait de l'amoncellement d'objets divers (à l'origine, des barriques) pour se mettre à couvert dans un combat de rues »
brigade « unité composée de 2 régiments (jusqu'en 1914, pour l'infanterie, et 1940, pour la cavalerie); de nos jours, unité tactique (généralement 3) à l'intérieur de la division »
colonnade « file de colonnes sur une ou plusieurs rangées, formant un ensemble architectural »
cotonnade « toute étoffe fabriquée avec du coton »
estacade « barrage fait par l'assemblage de pieux, pilotis, radeaux, chaînes »
palissade « barrière, clôture faite d'une rangée de pieux, de perches ou de planches (palis) »
peuplade « groupement humain de faible ou de moyenne importance, dans une société primitive »
En partic., le dér. désigne des préparations, surtout de mets et de boissons, dont le subst. de base indique un élément caractéristique de la recette (composant, procédé, etc.) :
aillade « sauce vinaigrette à l'ail »
carbon(n)ade(carbonade, carbonnade) « manière de griller la viande sur des charbons, la viande ainsi grillée »
chiffonnade « préparation de salade (laitue, oseille...) fondue au beurre et assaisonnée »
étouffade ou estouffade « sorte de daube »
marinade « mélange du vin, de vinaigre salé, épicé (...) dans lequel on met du poisson, de la viande pour les conserver, les parfumer ou les attendrir avant la cuisson; p. ext., aliment mariné »
oignonade « rare, plat d'oignons »
Autres ex. : bigarade, brandade, cassonade, citronnade, croustade, grillade, limonade, marmelade, orangeade, panade, persillade, piperade, poivrade, rémoulade, rognonnade, salade.
Rem. Concurrence avec d'autres suff.
-ée. — Qqf., les dér. en -ade et les dér. pop. en -ée coexistent : charbonnée (se dit encore en pat.) /carbonnade; chevauchée / cavalcade; croisée / croisade; échappée / escapade; étouffée / estouffade; onglée / onglade; risée / risade (d'apr. NYROP t. 3 1936, § 367). Ailleurs, les dér. en -ade ont remplacé les dér. en -ée : accolade (accolée), ambassade (ambassée), bastonnade (bastonnée), boutade (boutée), embrassade (embrassée), glissade (glissée), peuplade (peuplée).
-age. — Qq. dér. en -ade et en -age ont un sens voisin : attrapage / attrapade; canonnage / cannonnade; mitraillage / mitraillade... D'autres, en revanche, ont des sens nettement différents comme appareillage (« action d'appareiller, ensemble d'appareils et d'accessoires divers disposés pour un certain usage ») / appareillade (« formation des couples de perdrix pour la reproduction »); enfilage (« action d'enfiler ») / enfilade (« suite de choses à la file l'une de l'autre »); rigolage (« action de creuser des rigoles ») / rigolade (« amusement, divertissement »)... Les dér. en -age désignent gén. une action; ils peuvent p. ext. prendre un sens coll. (appareillage); leur base est verbale. Les dér. en -ade ne vont pas obligatoirement de pair avec l'idée d'action; ils peuvent signifier le résultat d'une action ou une préparation (le subst. de base désignant un élément composant ou un procédé caractéristique), et surtout leur base n'est pas toujours verbale.
-ement. — Qq. doublets : chiffonnement / chiffonnade; embrassement / embrassade; roucoulement / roucoulade... En revanche, escalade a remplacé eschelement. Les dér. en -ement ont gén. un sens moins fam. que les mots en -ade : embrassade est plus fam. que embrassement (cf. LITTRÉ, s.v. embrassement).
Morphol.
A.— Var. morphol. du rad.
1. Apparition d'une consonne finale non prononcée dans le mot de base :
[g] bourg — bourgade
[j] fusil — fusillade
persil — persillade
[s] palis — palissade
tors — torsade
[t] mousquet — mousquetade
rodomont — rodomontade
[z] ras — rasade
2. Modifications vocaliques ou consonantiques de la syllabe finale :
fougue — foucade
sel — salade
3. Dénasalisation de la voyelle finale :
[] dragon — dragonnade
fanfaron — fanfaronnade
oignon — oignonade...
[] arlequin — arlequinade
capucin — capucinade
mazarin — mazarinade
tartarin — tartarinade...
À noter aussi (retour au rad. étymol.) :
main — manade
pain — panade
4. Changements graph.
a) Redoublement de la consonne finale :
ail — aillade
œil — œillade
b) Transformation de qu en c (prononcé k devant la voyelle a) :
barrique — barricade
embusquer — embuscade
toquer — tocade (peut aussi s'orthographier toquade)
B.— Var. morphol. du suff. — Les nombreux dér. qui se terminent par -on(n)ade (bastonnade, colonnade, cotonnade, fanfaronnade, gasconnade, oignonade, etc.) ont permis la création du suff. secondaire -onnade : flanc — flanconnade.
C.— Affinités morphol. — Le suff. -ade apparaît surtout apr. les bases se terminant par une consonne (finale ou devenue finale par effacement de voyelle); toutefois, il peut également apparaître apr. les semi-consonnes [j] et [w] et apr. la voyelle [y] :
escouade []
jérémiade []
noyade [nwajad]
ruade []
Le suff. -ade ne se rencontre pas derrière un mot déjà suffixé à l'aide d'un suff. fr. productif (appareil n'est plus senti comme un composé; mousquet est un empr., etc.); cf. infra étymol. B 1.
Étymol. ET HIST.
A.— Étymol. — Le suff. -ade est emprunté à diverses lang. méridionales : l'esp. -ada, le prov. -ado, l'ital. -ata (lat. -ata provenant, d'abord, de la substantivation des part. de la 1re conjug., s'accolant ensuite à des bases non verbales et donnant, en fr., la forme pop. rég. -ée : entrée, montée, année, brassée, etc.). Au Moy. Âge, les mots en -ade sont des emprunts; ce n'est qu'à partir du XVe s. que le suff. -ade s'accole à des verbes et à des subst. fr.
B.— Vitalité et productivité
1. Vitalité
L'analyse se fait aisément dans un grand nombre de dér. en -ade; la base est soit un verbe (accolade, bravade, dégringolade, dérobade, engueulade, reculade, rocade, etc.), soit un subst. (anguillade, arquebusade, aubade, bastonnade, bourgade, canonnade, colonnade, palissade, persillade, etc.), voire un adj. (rasade, torsade).
Qqf., le suff. est commutable avec un autre suff. :
cavalcade / cavalerie / cavalier
croustade / croustillant
pochade / pochoir / pochette
Cf. aussi limonade / limonier (mais le mot limonier est peu connu) et supra la rem. sur la concurrence avec d'autres suff.
Qqf., le sentiment de la dér. n'est pas vivant; c'est le cas, en partic., pour les mots d'empr. : algarade, cagade, chamade, pintade, etc.
2. Productivité. — Les mots d'empr. en -ade ont suscité dès le XVe s. la création de dér. fr.
a) Av. 1789 :
1475 arquebusade (DAUZAT 1964)
1493 œillade (ibid.)
XVe palissade (ibid.)
XVe ruade (ibid.)
1500 embrassade (ibid.)
1505 poivrade (ibid.)
1534 saccade (ibid.)
1552 canonnade (ibid.)
1552 oignonade (ibid.)
1556 glissade (ibid.)
1557 promenade (ibid.)
1564 griffade (ibid.)
1574 mousquetade (ibid.)
1578 cassonade (ibid.)
1578 rebuffade (ibid.)
1588 boutade (ibid.)
mil. XVIe pelade (ibid.)
fin XVIe bourrade (ibid.)
fin XVIe gasconnade (ibid.)
fin XVIe pantalonnade (ibid.)
1611 galopade (ibid.)
1611 reculade (ibid.)
1615 torsade (ibid.)
1622 roulade (ibid.)
début XVIIe cotonnade (ibid.)
début XVIIe grillade (ibid.)
vers 1648 mazarinade (Pt ROB.)
1651 marinade (DAUZAT 1964)
1653 turlupinade (ibid.)
1670 rasade (ibid.)
1690 persillade (ibid.)
XVIIe tirade (ibid.)
fin XVIIe jérémiade (ibid.)
1724 capucinade (ibid.)
1726 arlequinade (ibid.)
début XVIIIe dragonnade (ibid.)
1740 colonnade (ibid.) (dès 1675 sous la forme colonnate)
1771 fusillade (ibid.)
XVIIIe foucade (ibid.) (altération de fougade :fin XVIe) etc.
b) Apr. 1789 :
1794 noyade (DAUZAT 1964)
1796 baignade (ibid.)
1796 mitraillade (ibid.)
1827 dégringolade (ibid.)
1828 pochade (ibid.)
début XIXe rigolade (ibid.)
1846 chiffonnade (ibid.)
1846 engueulade (Pt ROB.)
1856 toquade (DAUZAT)
1861 empoignade (ibid.)
1862 brimade (ibid.)
1863 appareillade (Pt ROB.)
1870 bousculade (DAUZAT)
1872 lapalissade (ibid.)
1877 foirade (Pt ROB.)
1889 dérobade (ibid.) (à la dérobade :1549)
XIXe défilade (DAUZAT)
fin XIXe rocade (ibid.)
fin XIXe tartarinade (ibid.)
XXe attrapade (Pt ROB.) (même sens que attrapage qu'il tend à remplacer)
XXe dégoulinade (ibid.)
XXe roucoulade (ibid.)
etc.
Le suff. reste productif. Néanmoins il forme actuell. beaucoup moins de dér. que dans le passé. Son emploi reste assez fréq. dans la lang. fam., voire arg. ou vulg. NYROP t. 3 1936 cite à ce propos : cognade, couillonnade, folichonnade, gobichonnade, rebiffade, etc. ,,Le suffixe -ade est plus souvent employé aujourd'hui dans la langue familière que dans la langue littéraire. On peut le regretter, car il est clair, expressif et agréable à l'oreille.`` (HUG. Mots disp. 1967).
C.— Finales homophones.
alcade, subst. masc. ,,de l'esp. alcalde, empr. à l'ar. al-, le juge`` (DAUZAT)
alidade, subst. fém. ,,règle utilisée chez les marins, du lat. médiév. alidada, empr. à l'ar. al-, la règle`` (ibid.)
malade, adj. et subst. ,,du lat. male habitus, « qui se trouve en mauvais état »; a remplacé le lat. aeger`` (ibid.)
pastenade, subst. fém. mis pour pastenague, sorte de raie; ,,forme du nord de la langue d'oc`` (ibid.)
troubade, subst. masc., abréviation de troubadour « troupier, soldat » (Pt ROB.)
BBG. — COLLIN (C.). Étude sur le développement de sens du suffixe -ata dans les langues romanes, spécialement du point de vue du français. Lund, 1918.
II.
⇒-ADE2, suff.
Suff. sav. servant à former des subst. fém. exprimant la notion d'ensemble ou d'élément d'un groupe.
A.— Suff. formateur de numéraux :
chiliade, subst. fém. didact., « un millier » (LITTRÉ)
décade, subst. fém. 1. « période de dix jours... » 2. « chacune des parties d'un ouvrage composée de dix livres ou chapitres »
dodécade, subst. fém. « douzaine, groupes de douze choses ou personnes » (LITTRÉ)
dyade, subst. fém. 1. terme didactique. « Le nombre deux, une paire, un couple. Dyade littéraire, deux auteurs qui travaillent ensemble. En ce sens, ce mot est d'un langage recherché » (LITTRÉ). 2.terme de philosophie grecque. « La dyade, l'être qui se détache de la monade ou de Dieu (dans le système pythagoricien) » (LITTRÉ)
ennéade, subst. fém. didact., « ensemble de neuf choses ou de neuf personnes » (LITTRÉ)
monade, subst. fém. philos., « chez les pythagoriciens, unité parfaite qui est le principe des choses matérielles et spirituelles; chez Leibniz, substance simple, inétendue, indivisible, active, qui constitue l'élément dernier des choses et qui est doué d'appétition et de perception » (Pt ROB.)
myriade, subst. fém. 1. antiq., « nombre de dix mille. » 2. mod., « très grand nombre, quantité immense »
pléiade, subst. fém. 1. astron. « (avec la majuscule), chacune des six étoiles (les Anciens en comptaient sept) qui forment un groupe dans la constellation du Taureau. » 2. hist. littér. « nom donné à sept poètes anciens d'Alexandrie qui vivaient au IIIe s. avant J.-C.; groupe de sept grands poètes français de la Renaissance. » 3. « groupe de personnes (généralement remarquables) » (Pt ROB.)
tétrade, subst. fém. terme de philos. anc., « assemblage des quatre premiers nombres naturels 1, 2, 3, 4 » (LITTRÉ)
triade, subst. fém. didact., « groupe de trois personnes ou choses » Cf. aussi olympiade, subst. fém. « période de quatre ans entre deux jeux olympiques »
B.— Suffixe formateur de substantifs désignant des œuvres épiques importantes du point de vue du nombre des épisodes :
Franciade, subst. fém. « poème épique inachevé, de Ronsard, sur le modèle de l'Énéide »Ce dér. est imité de Iliade.
Henriade, subst. fém. « poème épique de Voltaire, en 10 chants qui raconte l'accession de Henri IV au trône »Ce dér. est imité de Iliade.
C.— Suffixe formateur de substantifs désignant des divinités non personnalisées et formant groupe :
dryade, subst. fém. myth., « nymphe protectrice des forêts »
hamadryade, subst. fém. myth., « nymphe des bois identifiée à un arbre qu'elle était censée habiter, naissant et mourant avec lui »
ménade, subst. fém. antiq., « bacchante »
naïade, subst. fém. 1. myth., « divinité des rivières et des sources. » 2. littér. ou plaisant., « baigneuse, nageuse »
oréade, subst. fém. myth. gr., « divinité, nymphe des montagnes et des bois »
thyade, subst. fém. myth. gr., « bacchante »
Rem. Noter aussi les mots nomade, adj. et subst. « qui n'a pas d'établissement, d'habitation fixe, en parlant d'un groupe humain » et olympiade (cf. supra A) dans le sens de « Jeux olympiques ».
Morphol.
A.— Var. morphol. — Aucune var. morphol. du rad. n'est à noter; en revanche, on remarquera une var. morphol. du suff. dans le dér. Franciade-ade se fait précéder de la voyelle -i, sans doute sous l'influence de Iliade.
B.— Affinités morphol. — Le suff. -ade ne semble avoir aucune affinité partic. avec d'autres suff. ou avec une base quelconque, si ce n'est sa présence fréq. derrière la voyelle i, suivie ou non de la semi-consonne [j] :
chiliade [kiljad]
dryade [(j)ad]
hamadryade [(j)ad]
Henriade []
myriade []
pléiade [plejad]
triade [(j)ad]
Étymol. ET HIST.
A.— Étymol. — Du gr. -ad-os, -i, -a, forme de cas oblique de -as, gén. par l'intermédiaire du lat. -as, -adis, etc. :
dryade du lat. dryas, -adis, emprunté au gr. , - « nymphe du chêne (drus) » (DAUZAT 1964)
phyllade du gr. , - « feuillage » (ibid.)
pléiade du gr. , - « constellation de sept étoiles »
B.— Vitalité et productivité. — Le suff. -ade est difficilement identifiable, à cause de son orig. sav. Il est toutefois reconnaissable dans Franciade, Henriade, les bases désignant des n. propres connus; ce sont, d'ailleurs, les seules créations fr. (cf. en angl. The Dunciad, trad. en fr. sous le titre de La Dunciade, poème satirique de Pope).

-ade
Suff. empr. aux langues romanes méridionales; esp. -ada, provençal -ado, ital. -ata; en franç., s'adjoint à des verbes ou à des substantifs à partir du XVe siècle. Il sert à former des substantifs collectifs (sur une base nominale : coton - cotonnade) ou désignant le résultat d'une action (sur une base verbale : rigoler - rigolade; se baigner - baignade). Il a souvent une valeur péjorative, soulignée dans l'exemple suivant par le rapprochement avec le suffixe -aille :
0 Il nous a semblé qu'un naturalisme mêlé d'humanité pourrait désormais remplacer les antiquailles et les mythologiades (…)
André Richard, la Critique d'art, p. 17.

Encyclopédie Universelle. 2012.


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